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Les enjeux du recrutement pour la Marine nationale

La France possédant le deuxième espace maritime mondial, la Marine nationale assure une permanence opérationnelle sur tous les océans. Au-delà des navires, sous-­marins et aéronefs indispensables à la réalisation de ses missions, la Marine nationale compte avant tout sur ses 40 000 marins mobilisés en mer, sur terre et dans les airs. Afin de répondre à l’évolution constante de ses besoins, l’institution recrute chaque année plusieurs milliers de nouveaux marins, y compris dans des métiers à la pointe de la technologie. De quoi représenter un véritable défi en matière de ressources humaines.

Servir la France, partout dans le monde

Outre ses principales bases navales métropolitaines qui couvrent aussi bien la Méditerranée (Toulon et Saint-­Mandrier) que la Manche (Cherbourg) et l’Atlantique (Brest et île Longue), la France dispose de nombreuses implantations en outre-­mer, ainsi que de bases et de détachements à l’étranger.

Ses infrastructures permettent à la Marine d’aligner plus de 70 navires de surface et une dizaine de sous-­marins, et de mettre en œuvre plusieurs unités de commandos et de fusiliers marins. L’aéronavale dispose d’environ 200 aéronefs, principalement des avions et des hélicoptères, même si la Marine nationale entend accroître significativement sa dotation en drones dans les prochaines années. Quand ils ne sont pas embarqués à bord des navires, les aéronefs de la Marine opèrent depuis quatre bases métropolitaines (en Bretagne et dans le Var). Certaines unités sont régulièrement déployées en outre-­mer ou à l’étranger avec leurs équipages, mécaniciens et unités de soutien, afin d’assurer des opérations de reconnaissance, de surveillance et de sauvetage maritime sur l’ensemble du domaine maritime français.

À chaque instant, ce sont près de 35 bâtiments et une demi-­douzaine d’aéronefs qui sont maintenus à la mer ou en vol, partout dans le monde. Une telle disponibilité de la flotte n’est possible qu’en maintenant un très haut niveau d’excellence dans le recrutement et la formation des marins, ce qui implique de recruter chaque année de nouveaux talents. Et pour les femmes et les hommes qui rejoignent la Marine nationale, la mer doit donc être au cœur des vocations.

Recruter les femmes et les hommes de la Marine nationale

Aujourd’hui, la Marine nationale compte environ 40 000 marins, basés aussi bien en France métropolitaine qu’en outre-­mer ou à l’étranger, et pouvant travailler aussi bien sur la terre ferme que sur des postes embarqués. À l’heure actuelle, les effectifs de la Marine comportent environ 5 100 officiers, 25 200 officiers mariniers et 8 500 quartiers-­maîtres et matelots, auxquels s’ajoutent 150 volontaires. Ces hommes et femmes, venus de tous horizons, accomplissent quotidiennement des missions de protection, de prévention, de renseignement, d’intervention et de dissuasion, le tout avec un sérieux et un professionnalisme bien souvent reconnus par leurs pairs dans le monde entier.

Pour maintenir ce niveau d’excellence et répondre à l’évolution continuelle des besoins opérationnels, la Marine forme chaque année près de 4 000 nouvelles recrues, âgées de 16 à 30 ans, qui se répartissent en 80 métiers, dans une douzaine de domaines d’activité différents. La formation à ces différents métiers est dispensée au sein des quatre écoles de la Marine nationale :
• l’école des mousses, qui forme de futurs matelots dès l’âge de 16 ans ;
• l’école des matelots, qui forme un peu plus de 2 200 matelots et quartiers-­maîtres de la flotte chaque année ;
• l’école de maistrance, qui incorpore et forme les futurs officiers mariniers ;
• l’école navale, qui assure la formation initiale de tous les officiers de la Marine.
À la fois théoriques et pratiques, les divers cursus visent à former les recrues à la vie de militaire et de marin, tout en leur conférant une formation spécifique adaptée à chaque métier et à chaque vocation.

Service de rerutement de la marine

Les métiers d’avenir de la Marine nationale

Les métiers de la Marine se répartissent dans quatorze domaines d’activité. Certains d’entre eux sont traditionnellement associés aux activités de la Marine nationale : opérations navales et aéronavales, mécanique et maintenance, navigation, soutien, sécurité, plongée, protection, sans oublier les métiers de la restauration, indispensables pour maintenir le moral des équipages. La Marine nationale présente également la particularité d’être le deuxième exploitant nucléaire en Europe, et dispose pour cela de ses propres spécialistes. Comme toutes les forces navales modernes, la Marine nationale doit également ses performances opérationnelles à la grande technicité de ses équipements. Armée hautement technologique, la Marine nationale offre la possibilité de se former et de commencer une carrière enrichissante dans certains des métiers les plus porteurs de ces dernières années. C’est notamment le cas pour les métiers de la cybersécurité, des SIC (systèmes d’information et de communication) et pour ceux du renseignement, qui mettent en œuvre des technologies de plus en plus pointues. De quoi se construire une belle carrière sous les drapeaux, tout en s’assurant de rester au meilleur niveau des qualifications, dans des domaines d’activité très exigeants, en cas de retour à la vie civile.

• Les métiers du renseignement comptent aujourd’hui une demi-­douzaine de spécialités, de l’opérateur d’écoute au détecteur et analyste de signaux électromagnétiques, en passant par les opérateurs linguistiques (chinois, russe, arabe, persan…) ou encore les analystes du renseignement. Ces métiers d’exception, au cœur des opérations, demandent un investissement dans la durée. Après une formation rémunérée à l’école de maistrance, les officiers mariniers s’engagent initialement pour 6 à 10 ans. Selon les spécialités, les déploiements en mer, les postes à l’étranger et en outre-­mer ou les affectations à des postes interarmées sont monnaie courante.

• Les SIC sont au cœur de toutes les opérations navales modernes. Pour faire circuler et partager des données protégées en toute sécurité, la Marine s’appuie sur ses experts en télécommunications et en informatique. Ce sont eux qui gèrent les communications, qui assurent la maintenance des infrastructures de télécommunication, qui garantissent la sécurité des données et le cloisonnement des informations. Avec l’évolution rapide des technologies, ces experts sont au cœur des transformations des modes de travail que connaît aujourd’hui la Marine nationale. Les métiers des SIC sont nombreux, allant de la maintenance informatique au management des réseaux, en passant par la conception, le développement et la programmation. En fonction des postes (opérateur, technicien, chef de projet, etc.), ces métiers sont accessibles en tant que matelot, à partir de 16 ans, ou en tant qu’officier marinier ou officier (de 17 à 30 ans).

• La protection des systèmes de combat et des systèmes d’information de la Marine est une mission stratégique, qui est aujourd’hui devenue un domaine de lutte à part entière. Les spécialistes de la cybersécurité de la Marine agissent dans deux domaines : la cyberdéfense, afin de mener des actions défensives et offensives dans le cyberespace en soutien aux forces armées ; la cyberprotection, qui consiste à détecter les failles et à renforcer les systèmes d’information militaires. Pour les passionnés de nouvelles technologies, d’informatique, d’électronique, de mathématiques, de web ou de cryptologie, la Marine propose plusieurs voies d’accès aux métiers cyber. Des postes d’officiers mariniers sont ainsi ouverts en interne. En externe, des postes d’officiers sont accessibles pour des recrues disposant d’un bac+3 à bac+5 dans le domaine de l’informatique ou de la cybersécurité. Enfin, la Marine nationale recrute de nombreux réservistes spécialisés en SIC et en informatique, mais également des linguistes, des juristes et autres experts du renseignement.

Par Yannick SMALDORE // En coopération avec la Marine nationale.

Légende de la photo ci-dessus : La cybersécurisation des navires est un enjeu de tous les instants, que ce soit en pleine mer ou lors de l’accostage dans un port, même allié. La Marine dispose ainsi de groupes d’intervention cyber pouvant être déployés partout dans le monde. (© Marine nationale)

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